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Passion : infirmière

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Un deuxième article ce mois ci ! Décidément ma passion de l’écriture n’a jamais été aussi présente que ces derniers temps! Pour mon dernier article, c’était une pulsion, une envie subite d’écrire, et les mots sont venus tout seuls. Cette fois, c’est pareil, je me repose seulement après une matinée agitée, et tout d’un coup, je me suis retrouvée ici. Il faut que j’écrive, que je leur « parle », que je leur raconte…

Vous raconter quoi ? On ne va pas parler beauté aujourd’hui, ou shopping, ou encore chat. Mais on va parler boulot. Quoi ?? Elle nous parle de sont travail ? Qu’est ce qu’on s’en moque ! 

Oui, il y a plus passionnant comme sujet, mais justement pour moi, ça l’est car ce n’est pas juste un métier, c’est une passion. C’est rare d’aimer son métier non ? J’entends beaucoup de gens râler d’aller travailler, les soucis du boulot, du taff, mais le mien, je l’aime. Même si oui j’aime encore plus être en repos !

Pour celles qui ne sont pas au courant, je suis infirmière, depuis bientôt deux ans maintenant. Je suis encore un bébé infirmière par rapport à certaines, mais la passion est toujours présente. Même après les 3 ans d’école, même après les stages parfois difficiles, notre place à la fois de presque professionnels et de minis esclaves des services. La peur aussi d’être lancés dans le bain après notre diplôme et de ne pas savoir gérer. Gérer le stress, les patients, la maladie, la mort, les familles, les médecins, la charge de travail, les horaires difficiles, le manque de reconnaissance, le manque de personnel,et j’en passe. Alors oui, comme ça, je ne vous vends pas du rêve je sais… Mais comme vous m’aimez bien, vous allez continuer à lire et comprendre. Comprendre pourquoi j’aime autant ce que je fais.

J’ai toujours voulu faire ce métier, aussi loin que je m’en souvienne, le monde médical m’a toujours attiré, petite, je voulais être soigneuse de dauphins, puis de félins en Afrique (oui juste les félins, et juste au Kenya, allez savoir…), je voulais un petit temps être vétérinaire mais juste pour les animaux que j’aimais bien… Puis jeune ado, vers 13 ans, je voulais m’occuper des enfants, des bébés plus précisément, et encore plus précisément des bébés prématurés. C’est comme ça que le métier d’infirmière puéricultrice m’a tout de suite interpellé. Puis juste infirmière. Et ne je n’ai jamais lâché cette idée. Je n’avais même pas envisagé autre chose. C’était CE métier là, celui que 10 ans après, j’exerce enfin.

Oui c’est dur, il y a des jours avec et des jours sans, la maladie est toujours présente et difficile à gérer parfois, et c’est toujours une satisfaction de voir une personne aller mieux grâce à nos soins et à ceux de nos aides soignants qu’il ne faut pas oublier, de voir une méchante plaie guérir, et parfois même éviter le pire, parce que malheureusement parfois, l’urgence survient, quelque fois cela se finit bien, quelque fois non…

Peut être que c’est un métier d’égocentriques ? Puisque nous nous sentons tellement fières lorsque nous arrivons à soigner, sauver, accompagner… Je n’en sais rien, pour moi, c’est juste un métier à la fois beau et dur, humain et technique, psychologique et enrichissant.

Donc oui, on travaille parfois très tôt le matin ou tard le soir, souvent les weekend et les jours fériés, mais il y a les collègues, et les patients/résidents, et puis tout va mieux.

Je dis souvent que je suis en weekend en pleine semaine, je regarde tout le temps les veines des gens, je suis capable de manger juste après avoir eu le nez dans un pansement nauséabond, je peux me retenir d’aller aux toilettes pendants plus de 7h (je sais c’est pas bien mais parfois, on a pas trop le choix), je n’arrive toujours pas à déchiffrer l’écriture des médecins, je ne quitte presque jamais à l’heure, peu de choses me dégoutent, je n’ai jamais eu autant de self-control, et on va s’arrêter là sinon vous allez décrocher.

Je sais qu’il y a plusieurs visions du métier d’infirmière, certaines bonnes, d’autres un peu moins.. mais c’est comme ça pour tout les métiers je crois.. Et puis on s’en fiche, si nous on l’aime c’est le principal non ?

On nous a toujours dit et redit durant la formation que l’espérance de vie d’une infirmière était de 7 ans. Après, débrouille toi comme tu veux, c’est la reconversion professionnelle. Charmant. On verra bien dans 7 ans où j’en serais, toujours dans le même établissement ? Toujours infirmière ?  La passion aura t’elle laissé place à la fatigue et l’épuisement ? J’en sais rien, je n’aime pas parler de l’avenir parce qu’il me fait peur. J’ai la fâcheuse tendance à vouloir tout planifier. Je n’aime pas les surprises. En fait nan, je n’aime pas quand les choses ne se passent pas comme prévus, comme je le veux. Ironique non ? Alors qu’aucune de mes journées de travail ne ressemble à la précédente..

Je pourrais vous parler de ce métier pendant des heures et des heures, des lignes et des lignes, je parle trop, c’est mon principal défaut.

Donc avant que cet article se transforme en roman (comment ça c’est déjà le cas!), je vous laisse et vous dis à dans 7 ans !

Demain je bosse.